Histoire simple de la marionnette (5)guignol

En Europe :

En France, jusqu'à la Renaissance la marionnette est avant tout religieuse. On retrouve des spectacles présenté dans des couvents par des moines. Mais avec l' affaiblissement de le Chrétienté, elle se rapproche du théatre d'hommes pour devenir un spectacle comme les autres. Le répertoire devient profane et on retrouve les marionnettes dans les Chansons de Gestes. Notons qu'à cette période on ne parle que de marionnettes à gaines. En 1610, un italien, Giovanni Briocci, arrive à Lyon avec ses Burattini inspiré de la Comédia dell'arte. On pense que ses marionnettes donneront 200 ans plus tard l'idée de Guignol. Il monte à Paris vers le Pont-Neuf et ses marionnettes servent à distraire les patients d'un arracheur de dents. Plus tard alors qu'il a pris le nom de Jean Brioché, il présentera seul ses marionnettes. Il délaisse les Burattini pour inventer le personnage de "Polichinelle". Les marionnettes tirent leur succés populaire de leurs moqueries et de leurs parodies du monde de l'époque.A l'interdiction, comme en Grande-bretagne, des théatres humains de foire, le peuple se tourne vers les seuls théatres autorisés et au prix d'entrée abordable : "les théatres de marionnettes". Il devient ensuite "à la mode" d'aimer les marionnettes qui intéressent même les intellectuels. Plusieurs montreurs de marionnettes devinrent célèbre citons Séraphin qui dès 1784, installa à Versaille son théatre puis bien sûr Laurent Mourguet qui, à Lyon inventa le personnage de "Guignol".

PolichinelleEn Grande-bretagne, sous le règne d'Elisabeth les représentations des Puppets attirent un public nombreux, elles mettent en scène des histoires bibliques et des thèmes tirés de l'histoire nationale. Il s'agit parfois de figures muettes défilant dans le castelet pendant que le montreur, munis d'un sifflet explique l'action mais le plus souvent les puppets étaient des marionnettes à tringle avec articulations.Une concurence va s'installer entre théâtre humain et marionnette. C'est pourtant la marionnette qui sauvera le répertoire du théâtre classique, en effet, en 1647 le Parlement décrète la fermeture de tous les théatres mais les marionnettes restent libres (on voyait dans l'art dramatique une invention du diable. On peut penser que des oeuvres classiques seraient tombées dans l'oubli si les marionnettes n'avaient joué les textes de dramaturge comme Shakespeare. A la levée de l'interdiction les Puppets reprendront leur répertoire d'autrefois mais un personnage nouveau fait son apparition : "Punch" auquel sera attaché l'histoire de la marionnette anglaise.

En Italie la marionnette se rapproche de la Comédia dell'arte. On dit que le nom de Burattinni désignant la marionnette à gaine viendrait de l'acteur Burattino. Aux côtés de la marionnette de rue à gaine on trouve les Fantoccini , marionnettes à fils qui disposent de théâtres indentiques aux grands théâtres et qui s'efforcent d'être l'exact reproduction des acteurs humains. Elles sont si vivantes que la police oblige par pudeur les marionnettes danseuses à porter de petites culottes. La dexterité des Fantoccini les font acclamer dans toute l'Europe.

Dans le reste de l'Europe on trouve différentes marionnettes régionnales :Tchantchès le Wallon, Hannesche de Cologne, Cassandrino le Romain, Girolamo le Milanais, Jacques de Lille, Kasparek de Prague, Casperl ou Kasper l' Allemand, Karagueuz en Turquie etc...

Le goût pour la marionnette en Russie vient, semble t-il de Paris. Pendant longtemps le répertoire russe se borna à des thèmes religieux et des railleries sociales. En fait la marionnette n' était pas très populaire à part, peut être Petrouchka qui a même survécu à la révolution de 1917.

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